Réactivation des connaissances

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Disciplines : Biologie, mathématiques, physique, chimie

Niveau : L2

Mots clés : mémorisation, méthodologie, soutien aux étudiants en difficulté

Contact : innovations[at]villebon-charpak.fr, cecile.narce[at]villebon-charpak.fr

Enseignant référent : Cécile NARCE

Résumé : Il est illusoire de considérer comme définitivement acquise une connaissance qui ne serait pas explicitement réinterrogée par la suite. Quel enseignant ne s’est pas un jour désolé de constater que les étudiants restaient bloqués sur des exercices, non pas à cause des notions en cours d’apprentissage, mais du fait de lacunes portant sur des prérequis, pourtant validés précédemment dans leur cursus ? Les neuroscientifiques et les cogniticiens s’entendent pour dire que l’interrogation répétée joue un rôle primordial dans la mémorisation et la persistance des apprentissages (voir le cours de Stanislas Dehaene sur le sujet).

Objectifs d’apprentissage

Consolidation des apprentissages, renforcement disciplinaire, méthode de travail

Méthode pédagogique, que fait-on concrètement ?

L’activité de réactivation est organisée en deux temps. Les étudiants se testent tout d’abord sur une partie du programme de L1 en utilisant les évaluations de l’année précédente ou des supports créés pour l’occasion. Les travaux de recherche ont en effet montré qu’il est plus efficace de donner l’occasion aux apprenants de se réinterroger plutôt que de leur réexpliquer les notions oubliées (J. D. Karpicke, J. R. Blunt, Science 331, 772 (2011).

Les étudiants tentent de répondre “à froid” au sujet d’évaluation, c’est à dire avec seulement ce qui leur reste en mémoire. Ils prennent alors conscience de ce qu’ils ont oublié, pour certains c’est un choc, mais aussi de ce qu’ils ont retenu, ce qui est, de leur propre aveu, assez rassurant.

Dans un deuxième temps, les étudiants se mettent en groupe pour vérifier et compléter leurs réponses. Une fois qu’ils considèrent ne plus pouvoir avancer, les réponses leur sont données pour qu’ils puissent à nouveau vérifier et compléter ce qui manque. Ils reprennent alors les concepts qui n’ont pas été bien compris ou qui ont été oubliés.

Réactivation de connaissances

Évaluation des apprentissages

Les étudiants interrogés à la fin du module, sont unanimement enthousiastes. Ceux qui avaient bien réussi l’année précédente ont pu prendre conscience que la validation d’une année n’est pas une fin en soi et que, s’ils visent l’acquisition de connaissances et la construction de compétences, il leur faudra sans cesse réactiver les bases. Les étudiants qui avaient moins bien réussi ont eu l’occasion d’approfondir, avec du recul et parfois un peu plus de maturité, des notions qui étaient restées floues et peu solides (et également de prendre un peu plus confiance en eux).

A la question « Les notions de L1 revues vous ont-elles semblé utiles au démarrage des cours de L2 », tous les étudiants ont répondu positivement ; 67% des étudiants ont coché la case « tout à fait, j’ai pu entrer directement dans le sujet » et 33% ont répondu « un peu mais les débuts de cours ont quand même été durs ».

Quels sont les points forts ?

Témoignage d’enseignants

« Mon cours porte sur l’électrostatique et la magnétostatique. J’ai donc besoin que les étudiants maîtrisent la notion de vecteur pour démarrer ce cours dans de bonnes conditions. Je commence mon cours par la force électrique, j’ai pu observer à cette occasion que les étudiants réussissaient mieux que l’année précédente les exercices correspondant à cette partie suite à la remobilisation sur la force en mécanique. »

« Les étudiants de L1 suivent des cours de chimie au premier et au second semestre alors qu’en L2, la chimie ne revient qu’au second semestre. Il s’écoule donc un semestre sans cette discipline. Les années précédentes, les premiers cours étaient parfois difficiles à suivre pour les étudiants qui avaient oublié une partie des notions. La réactivation des connaissances pour les étudiants de L2 a donc eu trois effets bénéfiques : – Faciliter l’ajout de notions plus complexes et la connexion avec les notions de l’année précédente. – Gagner du temps puisque les rappels de cours n’ont pas été nécessaires – Combler plus facilement certaines lacunes qui ont pu être identifiées tout de suite. »

Quelles sont les limites ? Quels sont les points à améliorer ?

La création de supports d’interrogation plus diversifiés, et de différents niveaux pour une même notion, permettrait aux étudiants les plus fragiles de retravailler de façon progressive.

Recommandations, spécificités, transférabilité

La seule contrainte consiste à prévoir un temps dédié à l’emploi du temps et un espace approprié pour que les étudiants puissent travailler en groupe.

Références

J.D. Karpicke & J.R. Blunt, Retrieval Practice Produces More Learning than Elaborative Studying with Concept Mapping, Science Vol. 331, Feb. 2011

http://www.college-de-france.fr/media/stanislas-dehaene/UPL6651266307963835382_Cours_5_Fondements_cognitifs_des_apprentissages_scolaires.pdf

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